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L’histoire de l’acarien des trachées

 

Comme la varroase ou varroatose ou varroose (que chacun choisisse, l’OIE s’interroge actuellement sur le terme exact à employer dans ses textes), l’acariose des trachées a pour agent causal un acarien dénommé : Acarapis woodi Rennie.

Quelques photos très répandues dans la presse apicole et sur la toile permettent de se familiariser avec ce parasite qui fait sa vie dans la première paire de trachées thoraciques de l’abeille.

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Avant d’aller plus loin dans la description de l’acariose des trachées, il est bon de connaître le fonctionnement du système respiratoire de l’abeille.

Très simplement : la respiration est directe, c’est-à-dire que l’air arrive aux cellules de l’insecte par un système de trachées de plus en plus fines. Pour cela, on passe des trachées aux trachéoles. Les trachées s’ouvrent à l’extérieur par des stigmates (des ouvertures situées sur la cuticule de l’abeille) réparties sur le thorax et l’abdomen. Ici point de sang qui transporte l’oxygène et le gaz carbonique. L’hémolymphe ne joue aucun rôle.

Pourquoi un développement de l’acarien dans la première paire de trachées ? Vraisemblablement en raison de leur grosseur commandée par l’obligation d’apporter de fortes quantités d’oxygène aux muscles du vol, particulièrement lorsqu’ils sont en fonctionnement.

Pour revenir à notre acarien des trachées

Il y a des acariens mâles et des acariens femelles. Ils s’accouplent dans la trachée. La femelle fécondée pond des œufs qui après les stades larves et nymphes, donneront naissance à des mâles ou à des femelles (suivant que l’œuf est fécondé ou ,non). Une particularité : plusieurs œufs sont pondus les uns après les autres (au maximum 6 en 24 h) et fixés à la paroi de la trachée au moyen d’une gelée. En effet, quel courant d’air dans la trachée lors de la respiration de l’abeille ! Il est nécessaire d’être bien arrimé. Cette gelée servira de nourriture aux larves après leur naissance. La durée du cycle évolutif est de 11 à 12 jours pour le mâle et de 13 à 16 jours pour la femelle.

Les acariens se nourrissent d’hémolymphe en perforant la paroi de la trachée. Cette prédation est moins importante que dans le cas de Varroa destructor. Mais le rôle vecteur (injection d’agents pathogènes - particulièrement de virus - dans l’hémolymphe) est comparable à celui du varroa. Edifiant d’ailleurs lorsque l’on lit les descriptions faites à propos des fortes mortalités de l’Ile de Wight au début des années 1900 : les symptômes sont comparables et l’on peut y supposer dans les deux cas l’action de virus spécifiques.

Pour infester d’autres trachées ou d’autres abeilles, les acariens sont obligés de quitter leur trachée d’origine. Pour ces parasites aveugles qui se guident seulement par les bruits de la respiration des abeilles, c’est le parcours du combattant même si l’extrémité de leurs pattes musculeuses est fortement armée de griffes. En effet il faut sortir de la trachée, se perdre dans la forte pilosité du thorax de l’abeille et par la suite avoir la chance de se laisser tomber sur une jeune abeille réceptive, c’est-à-dire dont la pilosité encore souple permet la rentrée du parasite dans la nouvelle trachée. A ce propos, on parle de résistance de vieillesse qui apparaît à partir du sixième jour de vie de l’abeille.

Donc, inversement, les colonies peuplées de jeunes abeilles seront sensibles à l’acariose.

Quelles sont les conséquences de l’augmentation du seuil d’infestation ?

Pour les abeilles atteintes

Le terme final est l’encroûtement des trachées en raison de la présence des éléments suivants :

-         acariens adultes mâles et femelles,

-         excrétions et cadavres de ces mêmes acariens,

-         œufs, larves et nymphes,

-         écoulement et dessèchement de l’hémolymphe dans la trachée après perforation de la paroi pour nourrissement.

Au final la lumière de la trachée (plus simplement l’intérieur du tuyau) est plus ou moins obstruée limitant l’arrivée d’air. Les conséquences de cet état s’exacerbent lors de l’augmentation des besoins nécessaires au fonctionnement des muscles du vol.

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Pour la colonie

L’atteinte des abeilles adultes sera à l’origine d’une dépopulation, d’un manque d’abeilles butineuses.

L’augmentation du seuil d’infestation va être à l’origine de symptômes peu spécifiques qui peuvent tout aussi bien être attribués à la nosémose : mortalité d’abeilles, abeilles marchant sur le sol incapables de voler, abeilles accrochées aux brins d’herbe, traces de diarrhées ou plus exactement déjection des abeilles devant la ruche. Ici, il ne s’agit pas d’un désordre digestif. L’incapacité de voler conduit les abeilles à excréter devant la ruche au lieu de d’excréter en vol ce qui est la normalité. La présence d’ailes en position dissymétrique, c’est-à-dire non parallèles au corps est notée comme un signe de l’acariose, mais sans grande certitude.

L’acariose de trachées est elle maladie grave ?

Le fait que l’acariose des trachées ait été classée maladie réputée contagieuse jusqu’en 2006 est une preuve que cette parasitose a eu un caractère gravissime, à l’origine de pertes de colonies conséquentes. Actuellement peu de cas (symptômes pouvant faire penser à l’acariose) sont relevés par les apiculteurs et peu de cas sont diagnostiqués par les laboratoires. Heureusement d’ailleurs car les moyens efficace de lutte sont quasi inexistants. Il y a plusieurs années l’utilisation du papier Folbex (chlorbenzilate) puis du Folbex VA (bromopropylate) était possible. Ces médicaments ont été retirés du marché. Le menthol, l’amitraze sont proposés mais sans autorisation et sans certitude d’une efficacité correcte.

 

Alors jouons sur le fait que l’acariose des trachées disparaît lorsque :

-         les conditions météorologiques favorables arrêtent le confinement des abeilles donc limitent le passage du parasite d’une abeille à l’autre,

-         le développement d’une miellée intense limite le nombre de jeunes abeilles en raison du blocage de ponte,

-         la forte activité de butinage entraîne la mort des abeilles butineuses avant la fin du cycle évolutif du parasite limitant ainsi la contamination entre abeilles.