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Quelques documents du passé :
En 1966, l’American Bee Journal publiait un article
sur la toxicité des pesticides vis-à-vis de l’abeille.
Pourquoi l’état de santé de nos abeilles n’est-il
pas bon ?
Attention c’était en 1966, dans La Santé de
l’Abeille. On y parle du « bacillus du laisser aller » et d’autre faits
toujours d’actualité. A lire
La varroase : comment expliquait-on la
parasitose, ses symptômes, les risques pour l’apiculture… avant son arrivée en France.
Ce texte issu d’une ancienne revue française est signé Maurice Rousseau un
vétérinaire actif dans le domaine des maladies de l’abeille.
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Toujours
d’actualité ces quelques Principes fondamentaux de l’apiculture
Ils datent de 1895 A lire
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Dans le "Manuel des propriétaires d'abeilles" de
M. Lombard, 1812 ... :
"On plante, on cultive
des mûriers uniquement pour les vers à soie: on en recueille les feuilles avec
de la peine et de la dépense; cultivons pour les abeilles, elles nous évitent
la peine de cueillir ce qui leur est nécessaire"
ou encore : "
« …tous les ouvrages
anciens et nouveaux qui ont paru sur les abeilles […], mes essais et enfin ma
propre expérience m'ont convaincu d'une vérité que doivent regarder comme
constante ceux qui ont ou qui veulent avoir des abeilles : c'est qu'en général,
dans l'état naturel, il n'y a point et il n'y aura jamais de méthodes sûres
pour se procurer à volonté de grosses récoltes de cire et de miel et de gros
essaims ; ce sont des chimères après lesquelles il ne faut pas courir parce que
cela tient aux saisons plus ou moins favorables à la secrétions de miel [de
nectar], aux contrés plus ou moins fleuries et boisées que les abeilles
habitent et qui influent sur la fécondité des reines ; delà, cette différence
annuelle entre les récoltes […]. C'est ce qui est aussi la cause que ce qui
réussit dans une année, ne réussit pas dans une autre quoique les circonstances
soient les mêmes en apparence ».
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Depuis que l’homme
utilise l’abeille afin dans un premier temps d’en retirer le miel source
principale de matière sucrée, les écrits et témoignages dénoncent différents
problèmes apicoles. L’origine de ces problèmes ne peut évidemment être avérée
cependant il est clair que des problèmes comparables à des maladies aujourd'hui
bien décrites ont été observés, signalés et étudiés depuis les temps les plus
anciens.
-
Avant J.-C. : Aristote et Pline parlent de la mauvaise odeur de la ruche, de
la rouille.
-
1er siècle : Columelle décrit une maladie qui sévit au printemps. Elle est
nommée dysenterie et est attribuée au miel issu de certaines plantes.
-
1590 : Olivier de Serres explique que les principales maladies
sont la « peste » et « le flux du ventre », l’une «tuant promptement
à grandes troupes», l’autre «les alangourissant peu à peu avec danger de mort».
-
1760 : l’abbé Tissin parle de la « rougeole ».
-
1780 : Della Rocca décrit le « gluant » qui détruit toutes les colonies de l’île de Syra.
-
1850 - 1865 : l’épidémie du « vertige » sévit dans le
Nord de la France.
-
1897 : la Revue Internationale d’Apiculture décrit une paralysie
des abeilles dans plusieurs ruchers français et la désertification des ruches
au printemps.
-
1906 : épizootie de l’île de Wight attribuée à l’acariose
(Grande-Bretagne et Irlande). Cette épizootie fait suite à celles d’Irlande
(1443), d’Italie (1690), de Silésie (1717), d’Angleterre (1782 et 1837) sur
lesquelles des informations manquent.
Il est remarquable que
les revues apicoles anciennes insistent sur la grande irrégularité des
quantités de miel récoltées d'une année à l'autre. Cette irrégularité est
décrite dans les revues à partir de l'époque où l’apiculture est passée de la
ruche traditionnelle à la ruche à cadres, probablement parce que le système
ancien ne permettait pas d'en faire le constat.
D'autres problèmes
sont aussi rapportés : des mortalités de colonies ou d’abeilles et des
comportements anormaux.
Afin
d’illustrer ces faits nous avons recensé plusieurs informations parues dans des
numéros anciens de la Revue Internationale d’Apiculture et dans la Revue
l’Apiculteur à une époque où les biocides n'étaient pas encore utilisés en
agriculture. Afin de donner quelque idée de la fréquence des phénomènes décrits
par les apiculteurs eux-mêmes, nous avons étudié deux années complètes
(choisies au hasard et parce que nous disposions de la collection complète pour
ces années) : l'année 1894 pour la Revue Internationale d’Apiculture, et
l'année 1926 pour la Revue l’Apiculteur.
Dans
la littérature professionnelle, des anomalies du comportement de l’abeille
adulte sont l’objet de fréquents témoignages. Depuis l’Antiquité différentes
terminologies, le plus souvent édictées par les symptômes constatés, leur sont
attribuées :
-
la dysenterie (Aristote,
Columelle, Pline),
-
le flux du ventre
(Olivier de Serres 1590),
-
Bacillus depilis (en raison de la perte de pilosité des abeilles),
-
Bacillus gaytoni,
-
le
tournus,
-
le tornados,
-
en raison de signes nerveux
le vertige,
-
la paralysie des
ailes,
-
les coureuses des
sables,
-
la folie furieuse,
-
la paralysie de
l’abeille,
-
la constipation,
-
la maladie du
butinage (en relation avec certaines espèces végétales butinées),
-
le mal de mai (en
relation avec l’époque d’apparition),
-
le mal des forêts (en
relation avec le lieu d’apparition),
-
terminologie actuelle
la
maladie noire,
-
la paralysie
chronique.
Compte tenu des
connaissances actuelles, ces symptômes décrits par les témoignages peuvent être
attribués à différentes affections qui sont :
-
la dysenterie
vraie, la nosémose, l’acariose pour les cas de dysenterie cités par Aristote,
Columelle, Pline,
-
la
paralysie chronique pour toutes les autres.
En ce
qui concerne la paralysie chronique, différentes étiologies étaient avancées.
Depuis l’Antiquité cette affection a été attribuée à un manque de nourriture, à
des pollens avariés ou vénéneux (Ranonculus sp), à des nectars vénéneux
(Tilia, Aesculus), à des miels fermentés, du miellat, des champignons ou
des bactéries spécifiques.
A partir de 1948 avec l'apparition de
l'usage de l’arsenic et du DDT en agriculture, apparaissent les premières
citations des produits de traitement comme cause première possible de ces
problèmes.
Au cours de l'année 1894, 86 témoignages d'apiculteur sur la situation de leur
rucher ont été pris en compte dans la Revue Internationale d’Apiculture
(dirigée par E. BERTRAND, et éditée à Nyon, Suisse).
Ces témoignages sont originaires de 6
pays (Belgique, Canada, France, Moldavie, Suisse, USA) et concernant la France,
de 31 départements.
Le nombre de récoltes considérées comme
anormales est de 20 soit 23 % de l’ensemble des témoignages.
Le caractère très irrégulier de la
récolte annuelle de miel est également décrit par le tableau intitulé Produit
d’un rucher en cinq années publié en 1892.
Dans les articles cités à partir de
notre lecture des années 1892, 1894, 1897 et 1898, la loque américaine est déjà
identifiée comme un problème. Dans certains cas elle conduit à des pertes importantes
de colonies. A l'époque, le traitement consistait en l’application de
naphtaline. L’acide formique était aussi employé et le transvasement était déjà
préconisé.
Une maladie des abeilles adultes
caractérisée par des symptômes qu’il est possible de qualifier de nerveux est
souvent décrite à différents moments de l’année. Nommée de plusieurs manières,
il s'agit vraisemblablement de la paralysie chronique.
D’une manière
générale, la similitude de problèmes décrits avec les problèmes actuels mérite
d'être signalée : on se plaint d'une maladie des abeilles mal définie, on
regrette l'absence d'un traitement médicamenteux de la loque américaine, on
recommande le transvasement pour l'éliminer, on insiste sur l'importance de la
préparation de la mise en hivernage, on discute des causes d’un mauvais
hivernage.
Ces témoignages proviennent de 52
départements français.
Le nombre de mentions de récoltes
considérées comme anormales est de 94 soit 69 % de l’ensemble des témoignages.
La faiblesse des récoltes peut
s’expliquer par des conditions météorologiques défavorables.
Il est à noter le nombre et
l’importance des articles consacrés aux maladies et à leur contrôle. Parmi les
maladies les plus fréquemment abordées on trouve : la loque américaine,
l’acariose et la nosémose, l’amoebiose, la paralysie ou constipation ou
Mal-de-mai, Braula coeca.
Plusieurs autres points recensés méritent
attention en raison de leur similitude avec les problèmes actuels ou les
attentes actuelles de la profession : souhait de la création d’un centre
d’étude de l’apiculture, demande de formation des apiculteurs, opportunité
d’une réglementation sanitaire apicole, importance de la désinfection, des nourrissements,
des apports de pollen pour la nutrition des abeilles. L'élevage des reines est
déjà considéré comme crucial.
(source document AFSSA - CST – DGAl)